Interview de Thomas FOURQUET, Directeur de DIGINEXT

« Nous voulons créer un nouveau monde alliant réel et virtuel »

Diplômé d’une école d'ingénieurs en informatique électronique et automatique (promotion 1985) Thomas FOURQUET s’implique tout d’abord dans le domaine de l'intelligence artificielle. En 1989, il rejoint le Centre de Programmation de la Marine en tant que Chargé du Développement des Systèmes de Commandement de la Marine (AIDCOMER). Durant les trois années passées dans cette institution bicéphale (Marine/DGA), Thomas FOURQUET a pu mesurer deux choses qui vont guider par la suite l'ensemble de sa carrière professionnelle.

1) La montée en puissance des réseaux, l'importance du partage d'information, la nécessité de rendre interopérable les systèmes futurs, la complexité du process pour l'obtenir car il doit parcourir des boucles techniques, économiques, politiques et même culturelles.

2) l'utilisateur est au cœur de ces systèmes, et sa spécification ne peut se faire sans lui. Le Centre de programmation de la marine offrait l'avantage de réunir en un même lieu ingénieurs et utilisateurs.


En 1993, il fonde la société MOSAIC (Méthodes Outils et Services pour l'Architecture et l'Intégration des systèmes d'information et de Communication). Spécialisée dans l'analyse des problèmes d'interopérabilité, MOSAIC a élaboré la méthode d'administration des données des armées (MADIOS). Orienté principalement sur le fonctionnement des systèmes de commandement, il s'intéresse à partir de 1995 au problème de l'interopérabilité des systèmes de combat, et notamment à la compréhension du fonctionnement des Liaisons de données tactiques.

En 2002, Thomas FOURQUET rejoint DIGINEXT en tant que directeur général (la société compte 20 collaborateurs à l'époque) avec l'intention de poursuivre le développement sur un positionnement d'expertise dans le domaine des LDT ainsi que sur les autres niches de DIGINEXT notamment dans le civil.

  • Quelle évolution depuis la création de DIGINEXT en 1996! Quel regard portez-vous aujourd’hui sur DIGINEXT? +

    Depuis 2005, DIGINEXT fait partie du groupe CS Communications & Systèmes. Cela lui a permis d'être encore plus audacieux dans sa conquête de nouveaux territoires. Grâce, en 2010, à la reprise de l’activité Simulation & Réalité Virtuelle du groupe CS, DIGINEXT montre son engagement dans une stratégie centrée sur le développement d’activités toujours plus innovantes.
    DIGINEXT compte aujourd’hui 230 collaborateurs tous très fiers du chemin parcouru et de leur appartenance à une société connue et reconnue internationalement par ses clients et partenaires. Son esprit créatif et novateur et sa capacité d'être à l'écoute de ses clients lui procure une notoriété à l’échelle mondiale.

  • En quoi et comment DIGINEXT est-elle une société innovante ? +

    Innover est un pilier important pour DIGINEXT. La société consacre 20% de son chiffre d’affaires à la Recherche & Développement et noue des partenariats industriels et académiques via des projets autofinancés ou cofinancés par la commission européenne et des organismes tel que BPIFrance afin de se donner plus de moyens pour réaliser ses projets. DIGINEXT compte parmi ses collaborateurs des experts aux savoir-faire complémentaires qui allient connaissance métier et maitrise technologique afin de faire naitre des projets innovants.
    L’histoire de DIGINEXT est jalonnée de décisions d’investissement destinées à conquérir de nouveaux marchés.

  • Justement quels sont ces investissements clés et plus généralement les faits marquants du développement de DIGINEXT ? +

    • la première vente export du produit logiciel TACTX en Suède au nez et à la barbe des acteurs légitimes du secteur. Elle s'est faite l'année de l'intégration dans le groupe CS (2006). En s'appuyant sur CS, Diginext s'est sentie suffisamment fort de son expertise pour aller la vendre à l'étranger. L'exportation fait peur, car incertain et financièrement très couteux. Depuis le monde entier (pays Nato et alliés) connait nos produits et la grande majorité les a adoptés.
    • En 2008, de retour d'un symposium LDT aux états unis, nous avons décidé de décliner notre offre de test pour une offre d'entraînement. Il fallait trouver le partenaire qui partage la vision et s'engouffre avec nous dans le futur. Ce fut le cas avec le général commandant le CEAM ( Centre d'Expériences Aériennes Militaire) et avec qui nous avons réalisé l'instrumentation de l'exercice NTM2011. 70 avions sur le nord de la France, dans un exercice piloté à partir de nos outils, offrant une vision temps réel partagée au travers d'un réseau L16, bénéficiant de la capacité de rajouter à l'exercice des pistes sols simulés, et s'affranchissant d'un AWACS trop rare, trop coûteux et devenu presque inutile pour ce type d’entrainement.
    • L'activité réalisée au profit de la RATP devenait exsangue. Le projet I2V annonçait les nouvelles formes de diffusion d'une information multimodale. L'investissement pour gagner le projet puis pour en faire un produit (Mobilitx) fut pris alors que la crise commençait à se faire sentir. Et en 2014, nous sommes sortis de la région Ile de France, pour rayonner aujourd'hui dans les grandes métropoles, de Bruxelles à Marseille
    • Un partenariat avec Thalès avionique pour aborder le marché export du coffret de navigation. Et un premier contrat Hollandais pour le MilGPS
    • 2010, l'intégration de l'activité Simulation et Réalité virtuelle pour renforcer notre savoir-faire dans le domaine, et préparer le futur de l'entraînement des forces, avec une nouvelle capacité : naviguer facilement dans la troisième dimension, nécessité pour préparer le combat urbain notamment !!!
    • La rencontre avec un génie, et l'aventure d'une rupture technologique. Le professeur Goutelard, conseil scientifique auprès de Diginext, nous a proposé de réaliser un radar onde de surfaces, avec une forme d'onde révolutionnaire. Le projet Stradivarius est né, et les promesses sont tenues et démontrables depuis 2013
    • Notre capacité à animer en 3D m'a persuadé qu'il fallait étendre notre présence dans le marché de la formation. En 2014, nous avons gagné la réalisation d’un « Virtual Maintenance Trainer » pour le Cougar rénové de l’armée de terre. Les perspectives autour de cette réalisation ne feront pas regretter l'investissement consenti.
  • Quels sont vos objectifs pour le futur ? +

    DIGINEXT est une entreprise en plein essor, nous abordons l’avenir avec confiance. Notre objectif est de renforcer notre stratégie de croissance en se basant sur les niches de marché aujourd’hui adressés, et en poursuivant notre effort de R&D afin d’être en phase voire en anticipation avec les exigences de nos marchés. Nous avons l’ambition d’être parmi les leaders mondiaux dans chacune de nos niches de marché.
    Notre croissance future s’appuie sur la création d’une forte synergie entre les activités liées à la perception du réel et celles relevant du domaine de la simulation, de la réalité virtuelle ou augmentée, et au-delà, de créer un nouveau monde en les mixant à travers l'utilisation des réseaux civils comme militaires.
    Notre terrain de jeu est le monde, pour créer une dynamique innovante, facteur d’efficacité et de compétitivité, nous mettons le développement de partenariats au centre de nos priorités pour renforcer nos positions.
    L’ambition de DIGINEXT est grande mais ne se réalisera qu’avec l’engagement de ses collaborateurs et le respect de ses valeurs fondatrices, humaines et éthiques.

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